Le jugement


JUGE DE COMPETITION

J’ai reçu plusieurs courriers me demandant conseil pour juger des compétitions. Peut être cela intéressera-t-il d’autres juges.
Les passages de médailles et les compétitions sont l’âme de notre profession.
Ces questions générales, devraient aider de nombreux professeurs.

Pour commencer je poserai tout d’abord la question: Pourquoi étre juge ?
En général, la rétribution financière pour juger est minime.
Une fois prise en compte le temps des trajets, l’habillement, la blanchisserie et autres dépenses, il reste bien peu pour vous rembourser de la perte d’une soirée, d’une journée de travail dans votre école.
Mais, le fait de juger sera pour le professeur ardent et zélé une riche expérience.
Le fait d’avoir à estimer la valeur de styles et de présentations différents, la qualité de mouvement et la technique de tant de couples s’avéreront éminemment précieux à tout professeur, surtout si une part de sa profession est consacrée à l’entraînement de médaillistes ou de compétiteur.

Dès le moment où vous commencerez à juger assez régulièrement, bon nombre de compétiteurs se rendront soudain compte quel bon professeur vous êtes et ils tenteront alors d’obtenir des leçons avec vous.
C’est quelque chose que je déplore mais qui malheureusement est vrai.

COMMENT DEVENIR JUGE ?

Dans pratiquement tous les pays, un juge doit avoir satisfait aux exigences des examens du niveau supérieur de professeur au sein d’une fédération de professeurs reconnus par la WDDSC (Worl dance & dance sport council).
En France, cette qualification doit se faire par examens dans le style de danse que l’on juge (Standard, Latine ou Rock) et un diplôme honoraire n’est pas suffisant.
Elle assure au moins qu’un juge à une connaissance approfondie de la technique des danses qu’il juge.

COMMENT REMPLIR VOTRE CARTE DE JUGE ?

Si vous êtes juge unique, les instructions nécessaires vous seront données par l’organisateur.
Si vous êtes dans un jury de trois juges ou plus, les instructions à suivre vous seront données par le président des juges.

Le nombre de couples inscrits dans une compétition peut varier de façon considérable et la règle générale veut que chaque passages ne soit réduit de plus de 50%.

La plupart des organisateurs veulent que les couples « en aient pour leur argent » et des réductions possibles sont:

  • 1er passage : 30 à 20 ou 30 à 24
  • 2ème passage : 20 à 12 ou 24 à 12
  • 3ème passage : 12 à 6

Evidemment, plus de couples seront heureux quand le plus grand nombre possible sont gardés pour le passage suivant mais lors de compétitions où se déroulent en un seul jour 20 ou 30 épreuves, il est inévitable d’éliminer plus brutalement.

Il est plus que probable qu’avec un grand nombre de couples engagés, ceux-ci danseront en 3 ou 4 série (voir plus) d’une même manche éliminatoire. Il peut arriver que si vous choisisser 24 couples sur 40 et sur 4 séries d’un même passage, vous estimez mentalement que vous choisissez 6 couples par série.
C’est tout à fait FAUX.
Il vous est demandé de choisir les 24 meilleurs couples sur les 40 qui dansent et il se peut très bien (c’est souvent le cas) que 8 ou 9 des meilleurs couples soient dans une même série.
Habituellement les « têtes de série » arrivent souvent plus tard, une fois qu’ont été disputées les épreuves préliminaires.

Voici la meilleur manière de résoudre cette situation difficile :

Prenez toujours un papier supplémentaire en main.
Si vous estimez que le niveau de la première série semble médiocre, n’inscrivez que 3 ou 4 numéros de dossards sur votre feuille et gardez en 2 ou 3 « possibles » sur votre papier supplémentaire.
Si vous jugeé que le niveau d’une série est élevée, inscrivez plus de dossards mais mettez un signe distinctif, (tiret ou x) en face des numéros des couples que vous pourriez éliminer si le niveau d’une série suivante était plus élevé.

Pensez toujours à signer de vos initiales tout changement tout changement que vous apportez sur votre feuille.
C’est toujours la première danse qui est difficile. Ensuite, vous aurez une meilleure idée du niveau général pour vous aider à noter les danses suivantes.

Le choix des 6 finalistes dans la demi-finale est souvent le moment le plus difficile, surtout quand le niveau est équilibré.
Il peut être utile de garder une copie des notes que vous avez attribuées à la demi-finale sur un papier à part et à la fin de la compétition, il vous sera possible de savoir si le scrutateur a reporté correctement vos notes et non mis les notes d’un autre juge face à votre nom (une erreur qui arrive parfois, qui peut être très embarrassante).

Ma méthode personnelle pour juger le classement de la finale est souvent de trouver d’abord le couple que je mets 6ème puis si possible le 5ème car ces places sont plus faciles à déterminer que les autres en tête.
Puis j’essaie de décider quel est mon vainqueur et si possible le 2ème, laissant les 3ème et 4ème couples pour la fin. Mais restez toujours prêt à changer une place si nécessaire.

Un conseil important:
Souvenez-vous que pendant les compétitions, il y aura toujours des spectateurs qui étudieront les juges autant que les compétiteurs.
Rien n’est plus irritant et n’irrite plus les compétiteurs, que le juges qui finit de remplir sa feuille alors que la musique est loin d’être terminée, puis se détourne ou commence à quitter la piste d’un air supérieur, censé vouloir dire à tout le monde « c’était facile ! ».

Juger n’est jamais une tâche facile.
Il est du devoir du juge d’accorder une attention totale à son rôle: juger les couples qui évoluent devant lui et estimer la danse qu’ils présentent à cette occasion précise.

Un juge n’a pas le droit de noter selon « CE QU’IL SAIT » des couples, il doit noter « CE QU’IL VOIT ».

Les six points principaux qui doivent influencer un juge:

1. Une ligne élégante du haut du corps.
Ceci comprend la tenue, l’équilibre et le style général, y compris la position des bras, de tête et la ligne d’épaule.
Un style élégant vaut toujours qu’on s’y arrête.

2. Le contact.
Un juge doit décider si une perte de contact occasionnelle est causée par une distribution incorrecte du poids du corps ou par tout autre faute de base.
Une perte de contact continue doit être sanctionnée.
Une erreur occasionnelle peut se produire même chez des danseurs expérimentés.

3. la cavalière maintenue trop sur la droite du partenaire.
Cette faiblesse évidente gènera toujours l’exécution correcte du nombre de variation et elle est inacceptable.

4. Travail de pieds incorrect.
Des erreurs élémentaires de travail de pieds doivent être sanctionnées sévèrement.
De telles fautes montrent qu’il y a quelque chose de mauvais « en profondeur ».
La partenaire présentera souvent des défauts identiques.

5. Mouvement forcé.
Chaque compétiteur essaie de se déplacer avec autant de fluidité que possible.
Le mouvement attire.
Quand ce mouvement est visiblement forcé et non amené par un élan naturel du corps, il ne doit pas être considéré comme élan et mouvement en tant que tels mais noté comme faute grave.
« Le mouvement extrême que reste aisé » est le mouvement suprême.

6. Le rythme.
Lorsqu’un couple ne danse pas en harmonie avec la musique, ceci est la pire des fautes.
Il convient de le juger en conséquence.
Une erreur qui entraîne une perte temporaire de rythme est compréhensible et peut être traitée avec plus d’indulgence.
A mon avis, ceux qui font la faute la plus grave sont ceux qui dansent « en avant » de la musique. Cette faute indique qu’il manque à un couple l’équilibre et la connaissance suffisante pour contrôler la danse.

JUGER : UNE SCIENCE OU UN ART ?

La façon de noter des juges est un constant sujet de conversation.
Il ne se passe pas une année sans que soient contestées les notes de certains juges, lors de championnats de première importance.
Le fait que les notes attribuées par les juges tendent à être si différentes les unes par rapports aux autres, rend les spectateurs bien sceptiques.
Ce manque d’accord engendre beaucoup d’amertume et nombre de discussions acrimonieuses parmi les afficionados de la danse de compétition, qu’ils soient professionnels, amateurs ou spectateurs « profanes ».
Du fait que bien souvent les notes des « experts » ne sont pas en harmonie, les mots « escroquerie » ou « combine » circulent souvent.
La grande majorité des juges de compétitions importantes SONT DES MEMBRES RESPECTES DE LA PROFESSION, des personnes qui on dédié leur vie à la danse.
Peut-il être possible qu’elles soient incompétentes ou, ce qui est pire, malhonnêtes (comme leur notation incite à le croire) ou existe-t-il une autre explication ?

Mon opinion profonde est que plus de 95% des juges essaient de façon sincère et honnête de se former une idée juste de la performance des compétiteurs qu’ils ont à départager.
Les différences entre les notations viennent de ce que les éléments de jugement utilisés sont différents.

QUI SONT LES JUGES ?

Actuellement, la seule qualification nécessaire pour juger un championnat officiel, amateur ou professionnel, est d’être membre d’une association de professeurs affiliée au WD&DSC (World Dance & Dance Sport Council).
Aucune expérience de la compétition n’est nécessaire pour juger les amateurs comme il n’est pas non plus nécessaire au candidat de prouver qu’il est capable de juger.

Son examen de professorat ou de maître peut avoir été passer il y a un an ou 25, pourvu qu’il soit à jour de sa cotisation, le professionnel aura sa carte de membre et sera enregistré comme juge par l’AMDF.
En faisant état de ceci, je ne souhaite nullement supposer que les personnes qui entrent dans cette catégorie sont moins compétentes pour juger leurs collègues plus expérimentés, mais il reste que dans ce pays, une foir répondu au exigences financières, aucune expérience n’est nécessaire avant d’aller sur la piste, juger de la prestation des meilleurs danseurs amateurs.
Cependant, les organisateurs se grandes compétitions n’engagent que des juges qui ont une expérience considérable; la divergence des notations dont on a parlé plus haut ne peut donc être attribuée à un manque d’expérience.

Les juges sont humains, et ils ont en conséquence leur part de vertu et de vues. Il y a des juges forts et des juges faibles; il y a des juges qui guident et des juges qui suivent. Il y a des juges qui sont arrogants, supérieurs, agressifs et des juges qui sont sensibles, d’un caractère artiste et doux.
En fait les juges sont des personnes normales, mais ils ont en commun une chose: c’est le savoir, un savoir souvent très complet, de l’Art de la danse par couple.

Le problème est d’être sûr que ce savoir est utilisé afin d’obtenir un jugement équilibré tenant compte de toutes les facettes de la danse pendant la compétition, et que ceci soit valable pour l’avenir de la danse et la profession.

COMMENT LES JUGES JUGENT-ILS ?

La question évidente qui vient à l’esprit est:
Quels sont les critères sur lesquels les juges fondent leur jugement ?

La réponse à cette question devrait expliquer la majorité des divergences de notations.
Il n’existe pas de « code de pratique » ou de « modus operandi » qui donne une indication de la façon dont un juge aboutira à sa décision.

A l’heure actuelle, le juge n’a aucune contrainte.
Une liberté totale est donnée quant aux respects de la prestation en compétition pour former le jugement final.

La majorité des juges répondront, si l’on conteste leur notation:
« on me charge de donner mon opinion en tant qu’expert; mes notes reflètent cette opinion en cette occasion ».

On ne peut faire marche arrière.
Aucune récrimination n’est possible, non plus que la justification par le juge d’une notation, en particulier d’une prestation que l’on doit prendre en considération, ou l’importance relative de ces aspects.

Le juge est la loi, mais en même temps, il est en position très difficile et incapable de se défendre. Avec le système actuel, une notation divergente des autres n’indique pas nécessairement l’opinion la pire; elle peut indiquer, ce qui est le cas fréquemment, l’opinion la meilleure. Inversement, des notations identiques ne sont pas nécessairement l’indication d’un bon jugement.
Il est très facile de connaître le résultat probable de n’importe qu’elle compétition par une étude des résultats passés et de noter en conséquence.

Quand un juge expérimenté évalue la prestation d’un compétiteur, il prend en compte un grand nombre de facteurs. Ceux-ci sont alors comparés à la prestation des autres couples sur la piste au même moment.
Le fait que le système actuel laisse au juge une liberté complète de la décision finale est la cause de la vaste majorité de divergences.

Les valeurs requises :

MUSIQUE
FORME DE LA DANSE
Base sur le
balancement du
corps.
Base sur le mime,
effets théâtraux et postures.
Base sur
l’action du corps.
Danses standard
Valses, slow fox,
quick step.
Tango, paso doble.Danses rythmiques
Danses latines
Rumba, samba,
jive et chachacha.

DANSES DE COMPETITION
STANDARD ET LATINES
Nécessite un
jugement d’expert
Eléments évaluablesJugement d’expert
ou public
Technique = 20 %
Interprétation technique = 20 %
Caractèrisation = 20 %
Chorégraphie = 10 %
Présentation = 10 %
Efficacité = 20 %
Qualité = 60 %Jugement subjectif de la foule
« le courant passe » = 40 %
IMPACT DES CHAMPIONS

Pour faire en sorte que la notation des prestations en compétition soit basée sur quelque chaose de plus substantiel que les caprices personnels de certains juges ou la pression de l’opinion publique au cours de la soirée, il est essentiel d’adopter des valeurs de jugement sur lesquelles on se mette d’accord.

Ceci acquis, une ligne de conduite peut être donnée aux compétiteurs, aux entaîneurs, au public et aux juges. Toutes les personnes concernées verront alors très clairement qu’elles sont les facettes de la prestation qui va être jugée et l’importance donnée à chacune d’entre elles.

Ceci aura pour résultat d’améliorer le niveau de la danse et la raison des notes de certains juges sera plus facilement compréhensible; très vite le public et les compétiteurs deviendront familiers avec les méthodes utilisées pour juger.
La première des priorités est donc de définir les facteurs qui doivent être pris en compte et leur importance relative au moment d’établir un jugement comparé des prestations.

Le tableau montre le développement à suivre à partir de la musique, dont naît la danse, jusqu’à la performance finale du danseur de compétition.